Combien de trimestres faut-il selon votre année de naissance ?
Pour toucher une retraite de base « à taux plein », c'est-à-dire sans réduction, il faut réunir un certain nombre de trimestres d'assurance. Ce nombre, appelé durée d'assurance requise, dépend uniquement de votre année de naissance (et pour 1961 et 1965, du mois). Il s'accompagne d'un âge minimal de départ, l'âge légal.
Voici le calendrier en vigueur pour les retraites qui démarrent à partir du 1er septembre 2026, après la suspension de la réforme votée fin 2025 :
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis |
|---|---|---|
| 1958 à 1960 | 62 ans | 167 |
| 1961 (janvier à août) | 62 ans | 168 |
| 1961 (septembre à décembre) | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (janvier à mars) | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (avril à décembre) | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Ce calendrier concerne le régime général, les indépendants, les salariés agricoles et, pour la durée d'assurance, la plupart des autres régimes. Les fonctionnaires en catégorie active, les régimes spéciaux et les départs anticipés (carrière longue, handicap, incapacité) obéissent à des règles propres.
Attention à la date de départ. Les nouvelles valeurs issues de la suspension ne s'appliquent qu'aux retraites qui prennent effet à partir du 1er septembre 2026. Une personne née en 1964 qui serait partie avant cette date restait soumise à l'ancien calendrier (63 ans et 171 trimestres).
Ce que change la suspension de la réforme des retraites
La réforme de 2023 relevait progressivement l'âge légal de 62 à 64 ans et accélérait la hausse du nombre de trimestres requis. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 105) a suspendu ce relèvement jusqu'au 1er janvier 2028. Concrètement, l'âge légal reste bloqué à 62 ans et 9 mois, et la durée requise à 170 trimestres, pendant cette période.
Qui en profite vraiment ?
- Les personnes nées en 1964 : elles peuvent partir à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, avec 170 trimestres au lieu de 171. Elles gagnent trois mois et un trimestre.
- Les personnes nées de janvier à mars 1965 : 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans et 3 mois, et 170 trimestres au lieu de 172.
- Les personnes nées d'avril à décembre 1965 : 63 ans et 171 trimestres, au lieu de 63 ans et 3 mois et 172 trimestres.
- Les générations 1966 à 1968 gagnent trois mois sur l'âge légal, mais le nombre de trimestres requis reste à 172.
Martine est née en mars 1964. Avec l'ancien calendrier, elle aurait pu partir à 63 ans, en mars 2027, à condition d'avoir 171 trimestres. Avec la suspension, elle peut partir à 62 ans et 9 mois, soit à partir de décembre 2026, et 170 trimestres lui suffisent pour le taux plein.
Ce n'est pas une annulation de la réforme : c'est un gel temporaire du calendrier. La cible de 64 ans s'applique désormais à partir de la génération 1969. Les règles peuvent encore évoluer : vérifiez toujours votre situation exacte dans votre espace sur info-retraite.fr avant de fixer une date.
Comment se valide un trimestre de retraite ?
C'est la source de confusion la plus fréquente : un trimestre ne correspond pas à trois mois de travail. Dans le régime général, un trimestre se valide dès que vous avez perçu un salaire soumis à cotisations au moins égal à 150 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année.
| Trimestres validés dans l'année | Revenu brut annuel minimal |
|---|---|
| 1 trimestre | 1 803 € |
| 2 trimestres | 3 606 € |
| 3 trimestres | 5 409 € |
| 4 trimestres (maximum) | 7 212 € |
Deux conséquences pratiques :
- On ne peut jamais valider plus de quatre trimestres par an, même en cumulant plusieurs emplois ou plusieurs statuts.
- Un temps partiel peut valider une année complète dès que le salaire annuel atteint le seuil. À l'inverse, des petits contrats mal déclarés peuvent ne rien valider du tout.
Pour les travailleurs indépendants et les professions libérales, la logique est la même : les trimestres sont validés en fonction des revenus d'activité déclarés et des cotisations versées. Pour les fonctionnaires, la durée de services est prise en compte selon les règles propres à la fonction publique.
Trimestres cotisés, assimilés et majorations : quelle différence ?
Votre relevé de carrière additionne trois familles de trimestres. Elles comptent toutes pour atteindre le taux plein, mais pas toutes pour un départ anticipé.
Les trimestres cotisés
Ce sont ceux que vous avez acquis en travaillant et en cotisant : salaire, revenus d'indépendant, revenus libéraux. Ils sont le socle de votre dossier et les seuls, avec quelques exceptions, qui comptent pour un départ anticipé au titre d'une carrière longue.
Les trimestres assimilés
Ce sont des périodes sans cotisation que la loi assimile à des périodes travaillées. Les plus courantes dans le régime général :
- le chômage indemnisé : un trimestre par période de 50 jours indemnisés ;
- la maladie : un trimestre par période de 60 jours d'indemnités journalières ;
- le service militaire : un trimestre par période de 90 jours ;
- la maternité, l'invalidité et les accidents du travail, selon des règles propres à chaque situation.
Ces périodes ne sont pas toujours reportées automatiquement, surtout quand elles sont anciennes : c'est l'une des premières choses à vérifier.
Les majorations de durée d'assurance
Ce sont des trimestres « bonus » accordés pour certaines situations. La plus connue : dans le régime général, la mère peut bénéficier de 8 trimestres par enfant (4 au titre de la maternité ou de l'adoption, 4 au titre de l'éducation, ces derniers pouvant être partagés avec le père). Les règles sont différentes dans la fonction publique. D'autres majorations existent, notamment pour un enfant handicapé ou pour un congé parental.
Retenez : pour le taux plein, tous les trimestres comptent. Pour partir avant l'âge légal au titre d'une carrière longue, seuls les trimestres cotisés et certains trimestres « réputés cotisés » sont retenus. Deux personnes avec le même total de trimestres peuvent donc avoir des droits très différents.
Trimestres et taux plein : ce que coûte un trimestre manquant
Dans le régime général, la retraite de base se calcule à partir de votre salaire annuel moyen, d'un taux et d'un rapport entre vos trimestres et la durée requise. Le nombre de trimestres joue donc deux fois :
- Sur le taux : le taux plein est de 50 %. S'il vous manque des trimestres, une décote réduit ce taux de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (le taux ne descend pas sous 37,5 %).
- Sur le prorata : votre pension est multipliée par le nombre de trimestres validés au régime général, divisé par la durée requise.
Vous obtenez le taux plein de trois façons : en réunissant la durée requise pour votre génération, en atteignant 67 ans (le taux plein est alors automatique, quel que soit votre nombre de trimestres), ou dans certaines situations particulières (inaptitude au travail, invalidité, handicap, ancien combattant…).
Paul, né en 1966, part à son âge légal avec 168 trimestres au lieu des 172 requis. Il lui manque 4 trimestres : son taux passe de 50 % à 47,5 % (4 × 0,625 point). Sa retraite de base est donc réduite d'environ 5 % sur le taux, et encore un peu plus avec le prorata (168/172). Sur une retraite de base de 1 250 € par mois, la perte avoisine 90 € par mois, soit plus de 1 000 € par an, à vie.
À l'inverse, chaque trimestre travaillé au-delà de l'âge légal et de la durée requise vous apporte une surcote de 1,25 % sur votre retraite de base. La retraite complémentaire Agirc-Arrco obéit à ses propres règles : partir sans le taux plein y entraîne aussi une minoration définitive. Pour le détail de ces formules, voir notre guide Calcul retraite : la formule de votre pension.
Vous avez cotisé à plusieurs régimes : comment on compte ?
La plupart des carrières passent par plusieurs caisses : salariat puis indépendance, fonction publique puis secteur privé, emploi salarié puis profession libérale. Pour savoir si vous avez le taux plein, on additionne les trimestres de tous vos régimes de base, dans la limite de quatre par année civile.
En revanche, chaque régime calcule ensuite sa propre pension, selon ses propres règles. Depuis 2017, les régimes dits « alignés » (régime général, salariés agricoles, indépendants) versent une pension unique si vous en relevez de plusieurs : c'est la liquidation unique. Les fonctionnaires, les professions libérales et les régimes spéciaux restent calculés à part.
C'est précisément dans ces carrières mixtes que l'on trouve le plus d'erreurs : une année comptée deux fois d'un côté et pas du tout de l'autre, une période de transition oubliée, une caisse qui n'a jamais transmis ses informations. Pour les dirigeants et les libéraux, voir aussi nos pages retraite du chef d'entreprise, retraite des professions libérales et retraite de l'infirmière libérale ; pour les agents publics, retraite des fonctionnaires.
Les trimestres le plus souvent oubliés sur les relevés
Selon la Cour des comptes, environ une nouvelle pension sur neuf versée par le régime général en 2025 comportait au moins une erreur ayant un impact financier. Le plus souvent, l'origine est une donnée de carrière absente ou inexacte. Voici les périodes que nous retrouvons le plus souvent manquantes :
- Les premiers emplois : jobs d'été, petits contrats, apprentissage, emplois chez un employeur aujourd'hui disparu.
- Le service militaire, rarement reporté automatiquement.
- Les périodes de chômage, surtout anciennes, ou indemnisées par une autre caisse.
- Les arrêts maladie longs, la maternité et l'invalidité.
- Les trimestres liés aux enfants, quand les naissances n'ont jamais été déclarées à la caisse.
- Les années à l'étranger, qui peuvent compter selon les accords entre pays.
- Les années d'indépendant ou de conjoint collaborateur, et les passages d'un statut à l'autre.
- Les salaires mal reportés : ils ne changent pas toujours le nombre de trimestres, mais ils faussent le calcul de votre salaire moyen.
Comment vérifier votre relevé de carrière, ligne par ligne
Comment compter et vérifier vos trimestres
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Téléchargez votre relevé de carrière
Créez votre compte sur info-retraite.fr (le portail commun à toutes les caisses) et téléchargez votre relevé de carrière. Il récapitule, année par année et régime par régime, vos trimestres et vos revenus.
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Comparez-le avec vos justificatifs
Bulletins de salaire, contrats, attestations Pôle emploi devenu France Travail, indemnités journalières, livret militaire, actes de naissance des enfants : chaque année incomplète ou vide doit avoir une explication.
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Repérez les années à moins de quatre trimestres
Ce sont les années à examiner en priorité. Une année à zéro au milieu d'une carrière continue est presque toujours une erreur.
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Demandez la correction
Les demandes de régularisation se font auprès de la caisse concernée, justificatifs à l'appui, en ligne ou par courrier. Plus vous vous y prenez tôt, plus les justificatifs sont faciles à retrouver.
À partir de 55 ans, vous recevez aussi une estimation indicative globale de vos retraites. Elle repose sur les données de votre relevé : si ce dernier est incomplet, l'estimation l'est aussi.
S'il vous manque des trimestres : vos solutions
- Faire corriger les oublis : c'est la solution la plus rentable, puisqu'elle ne coûte rien d'autre que du temps et des justificatifs.
- Racheter des trimestres : les années d'études supérieures et les années incomplètes peuvent être rachetées, dans la limite de 12 trimestres. L'opération peut être rentable… ou non : elle se calcule avant de signer. Le rachat de trimestres est-il rentable ?
- Décaler votre départ de quelques mois : chaque trimestre supplémentaire réduit la décote, et au-delà du taux plein, il augmente votre pension.
- Attendre 67 ans : le taux plein devient automatique, mais le prorata continue de jouer.
- Vérifier si vous avez droit à un départ anticipé : carrière longue, handicap, incapacité permanente. Les leviers pour partir plus tôt
- Envisager la retraite progressive : travailler à temps partiel tout en percevant une partie de votre retraite, sous conditions.
Questions fréquentes sur les trimestres de retraite
Combien de trimestres faut-il pour partir à la retraite à taux plein ?
Cela dépend de votre année de naissance : 167 trimestres pour les générations 1958 à 1960, 170 pour les personnes nées en 1963, en 1964 et au premier trimestre 1965, puis 171 et 172 pour les générations suivantes. Le taux plein est aussi accordé automatiquement à 67 ans.
Combien de trimestres pour une personne née en 1964 ?
Pour une retraite qui prend effet à partir du 1er septembre 2026, une personne née en 1964 a besoin de 170 trimestres et peut partir à partir de 62 ans et 9 mois, grâce à la suspension de la réforme.
Combien faut-il gagner pour valider un trimestre en 2026 ?
En 2026, un salaire brut de 1 803 € sur l'année valide un trimestre, soit 150 fois le SMIC horaire brut du 1er janvier (12,02 €). Il faut 7 212 € bruts pour valider quatre trimestres, le maximum par an.
Peut-on valider plus de 4 trimestres par an ?
Non. Même avec plusieurs emplois ou plusieurs régimes, on ne peut pas valider plus de quatre trimestres par année civile. Seules les majorations de durée d'assurance, comme celles liées aux enfants, s'ajoutent en plus.
Les trimestres de chômage comptent-ils pour la retraite ?
Oui. Le chômage indemnisé donne des trimestres assimilés, à raison d'un trimestre par période de 50 jours indemnisés dans le régime général. Ils comptent pour le taux plein, mais seulement en partie pour un départ anticipé au titre d'une carrière longue.
Que se passe-t-il s'il me manque des trimestres ?
Votre retraite de base subit une décote de 0,625 point de taux par trimestre manquant, appliquée à vie, et elle est réduite au prorata de vos trimestres. Avant de partir, vérifiez d'abord que des trimestres ne sont pas simplement oubliés sur votre relevé, puis étudiez le rachat, un départ un peu plus tardif ou la retraite progressive.
Où voir le nombre de trimestres que j'ai déjà validés ?
Sur votre relevé de carrière, téléchargeable dans votre espace sur info-retraite.fr. Il indique vos trimestres année par année et régime par régime. Vérifiez qu'aucune année ne comporte moins de quatre trimestres sans explication.
Sources
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, article 105 (suspension du relèvement de l'âge et de la durée d'assurance).
- Cour des comptes, rapport de certification des comptes du régime général, mai 2026 (erreurs sur les pensions attribuées en 2025).
- Code de la sécurité sociale, article R. 351-9 (validation d'un trimestre pour 150 heures de SMIC).
- Portail commun des régimes de retraite : info-retraite.fr.
Ce guide présente les règles générales. Votre situation exacte dépend de vos régimes et de votre carrière.